Accueil
Ce vade mecum s'adresse à vous, chef d'entreprise, artisan, commerçant, cadre dirigeant, profession libérale, qui avez la responsabilité et la charge de conclure un contrat de travail ou d'y mettre fin.
Si l'on veut la mobilité et l'adaptabilité au travail il est temps de se rendre compte que les traquenards qui entourent le licenciement sont autant de raisons qui freinent l'embauche.
Les employeurs doivent en effet tenir compte de l'incertitude des commandes, de l'impossibilité des prévisions, de la réduction des stocks et conserver la maîtrise de leurs effectifs. C'est leur devoir de gestionnaire.
Les employeurs ne licencient pas par plaisir ou par fantaisie mais trop souvent, ils sont condamnés pour des fautes de procédure, ou pour défaut de justification car la législation est complexe. Nous nous sommes efforcés dans ce document, de vous donner des points de repère pour y voir plus clair.
La bonne foi ne suffit pas. Encore faut il être capable d'expliquer pourquoi on licencie et d'en informer le salarié.
Mieux
vaut s'informer que d'être condamné !
Sources d'informations
Ce document a été réalisé par des responsables d'entreprises élus au Conseil de Prud’hommes de Bobigny qui gère plus de 6.000 affaires par an avec près de 600 bureaux de jugement. Ces jugements font suite pour l'essentiel à un licenciement. Ils sont autant de constats d'erreurs, d'abus, d'ignorance, dus à la complexité de la gestion du contrat de travail.
Certains extraits de jugement de ce guide peuvent apparaître excessivement sévères pour les employeurs, ils n'ont été indiqués que pour préciser les risques engagés.
Le
Code du Travail, le Nouveau Code de Procédure Civile (NCPC),
les Conventions Collectives, les Cahiers Prud'homaux assortis de commentaires
critiques et édités par l'Association d'Etudes Prud'homales
sont autant de sources d'informations.
Vos recherches et nos conseils
Si la démarche de ce guide est de vous apporter les informations que vous recherchez, elle est aussi de nouer le dialogue avec vous et les employeurs du Conseil de Prud’hommes.
Nous
souhaitons avant tout vous donner un premier conseil avant de prendre
votre décision, entourez vous d'informations et de précautions
indispensables. Consultez la Convention Collective de votre profession,
contactez votre Groupement Patronal, votre Syndicat Professionnel,
votre Conseil d'Entreprise. Vous vous éviterez bien des ennuis.
Un travail sous les ordres d'un employeur, un salaire en contrepartie.
Écrit ou verbal
Lien qui engage l'employeur et le salarié.
Dans les pages qui suivent nous abordons sa mise en place. Il est l'élément de base indispensable d'une bonne gestion du personnel en n'oubliant pas la déclaration préalable à l'URSSAF (déclaration unique).
Il est bien préférable d'établir le contrat par écrit, afin de préciser les conditions d'embauche évitant bien des contestations, bien des litiges ; c'est un gage de sécurité devant le Conseil de Prud’hommes.
Il est soumis aux règles du Code Civil suivant l'Article L.121-1 du Code du Travail ci après.
Attention : le bulletin de paie complète le contrat et doit être rempli avec soin. Il sera utile aux Prud’hommes.
Code
du Travail Article L.121-1. Le contrat de travail est soumis aux
règles du droit commun. Il peut être constaté
dans les formes qu'il convient aux parties contractantes d'adopter.
Code du Travail Article L.121-5. Le contrat de travail est conclu sans détermination de durée. Toutefois ... il peut comporter un terme fixé avec précision dès sa conclusion ou résultant de la réalisation de l'objet pour lequel il est conclu.
Code du Travail Article L.122-1. Le contrat de travail à durée déterminée n'a pas pour effet de pourvoir durablement un emploi ... il ne peut être conclu que pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire…
Code
du Travail Article L.122-1-1. Le contrat de travail ne peut être
conclu pour une durée déterminée que dans les
cas suivants :
1°
Remplacement d'un salarié en cas d'absence, de suspension de
contrat .....;
2°
Accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise;
3°
Emplois à caractère saisonnier... ou par nature temporaire...;
(définis par décret)
Code
du Travail Article L.122-1-2.
1°
Ce contrat doit comporter un terme fixé avec précision.
Il peut être renouvelé une fois... (obligatoirement par
écrit).
2°
La durée totale ne peut excéder 18 mois, sauf ... (voir
l'article dans son entier.)
3°
Lorsqu'il est conclu pour remplacer un salarié absent ... il
peut ne pas comporter un terme précis ; (mais) il doit alors
être conclu pour une durée minimale...
Code
du Travail Article L.122-3-1. Le contrat de travail à durée
déterminée doit être établi par écrit
et comporter la définition précise de son motif ; à
défaut il est réputé conclu pour une durée
indéterminée. Il doit normalement comporter :
- le nom
et la qualification du salarié remplacé ; (s'il a été
conclu dans ce but)
- la date
d'échéance du terme et, le cas échéant,
une clause de renouvellement lorsqu'il comporte un terme précis
ou la durée
minimale pour laquelle il est conclu lorsqu'il ne comporte pas de
terme précis ;
- la durée
minimale pour laquelle il est conclu lorsqu'il ne comporte pas de
terme précis ;
- la désignation
du poste de travail en précisant, le cas échéant
... (voir l'article dans son entier)
- l’intitulé
de la convention collective applicable ;
- la durée
de la période d'essai éventuellement prévue ;
- le montant
de la rémunération et de ses différentes composantes,
y compris primes et accessoires ;
- le nom
et l'adresse de la caisse de retraite complémentaire ainsi
que l'organisme de prévoyance.
Le contrat
de travail doit être transmis au salarié, au
plus tard dans les deux jours suivant l'embauche.
* Code du Travail Article L.122-3-2. ... il peut comporter une période d'essai ... qui ne peut excéder ... un jour par semaine, dans la limite de deux semaines lorsque la durée est au plus égale à six mois et d'un mois dans les autres cas.
Attention
à bien s'informer sur le contrat à durée déterminée
qui est d'un coût finalement exorbitant !
Les
Contrats de Travail
Quel contrat choisir ?
Le Contrat à durée indéterminée (CDI)
L'employeur
a peur de ne pas pouvoir se désengager.
C'est le
contrat de base qui ne comporte pas de durée précise.
Il devrait comprendre au minimum :
Les noms
et adresses des parties, la date de prise d'effet, les signatures.
L'activité
professionnelle, la qualification, la Convention Collective.
La période
d'essai selon la Convention, la rémunération complète,
la clause de mobilité le cas échéant et les conditions
particulières
de l'emploi.
Le
Contrat à durée déterminée (CDD)
Il passe
pour souple ...
... mais
il est le piège par excellence si l'on n'y prend pas garde.
Obligatoirement établi par écrit il est soumis à
des règles
bien précises à respecter.
I1 doit
contenir :
La raison
de la durée déterminée Article L.122-1
et la suite ci contre.
L'absence
de motif peut le rendre à durée indéterminée.
Une période d'essai d'une durée réglementée Article l.122-3-2.
Il peut être renouvelé 1 fois Article L.122-1-2.
Un CDD mal rédigé peut entraîner la requalification en contrat à durée indéterminée avec ses conséquences et le paiement d'une indemnité qui ne peut être inférieure à un mois de salaire Article L.l22-3-13.
La rupture d'un CDD avant son terme, sauf faute grave ou force majeure, entraîne le paiement de la totalité des salaires comme dommages intérêts.
Lorsque les relations de travail ne se poursuivent pas à l'issue de ce contrat, le salarié a droit à une indemnité de fin de contrat égale à 6% de la rémunération totale brute.
Projet de contrats CDI et de CDD.
Un
dossier prud'homal se prépare à l'avance !
Code
du Travail Article L.122 4. Le contrat de travail conclu sans
détermination de durée peut cesser à l'initiative
d'une des parties contractantes sous réserve de l'application
des règles ci après définies.
Ces règles ne sont pas applicables pendant la période
d'essai.
Extraits de Jugement
: |
Lettre
d'avertissement Conseil de Prud’hommes de Bobigny ( 31.12.1996)
"La SA M.C. Monsieur X verse aux débats divers documents
justifiant les reproches faits à son employé, tels les
devis et facturations des diverses entreprises choisies par J.P. et
les lettres d'entreprises, précises et concordantes, se plaignant
de la légèreté du comportement du demandeur à
leur égard ... La formation de départage a observé
par ailleurs que J.P. n'a pas contesté le contenu de l'avertissement
du 6 Octobre 1993, qui évoquait notamment "le défaut
de respect d'instructions reçues et votre fâcheuse propension
à multiplier des promesses fantaisistes ..."
Période
d'essai Application de la Convention collective (Cass. l 3.03.1990)
C'est à bon droit qu'un salarié a été
débouté de ses demandes en paiement d'un complément
d'indemnité de préavis et de dommages intérêts
pour licenciement abusif, dès lors qu'en l'absence de clause
contraire du contrat de travail, la convention collective s'appliquait
de plein droit aux rapports contractuels, que la rupture était
intervenue au cours de la période d'essai fixée à
trois mois par l'accord collectif et qu'aucun abus de pouvoir de l'employeur
de mettre fin à l'essai n'était établi.
Période
d'essai Décompte (Cass. 04.02.1993)
La salariée entrée en fonction un 10 Novembre avec période
d'essai d'un mois n'était plus en période d'essai le
jour où elle a reçu sa lettre de licenciement le 11
Décembre, l’essai expirant le 9, quand bien même
la lettre ait été expédiée le 8.
... Avant de licencier entourez-vous de bons conseils car il faut envisager la présentation de preuves !
3 - L'exécution du Contrat de Travail
La période d'essai
La période d'essai ne se présume pas ; pour l'invoquer elle doit être définie par écrit lors de la rédaction du Contrat de Travail ou résulter de plein droit de la Convention Collective appliquée dans l'entreprise.
La durée de la période d'essai est fixée par l'employeur dans les limites imposées par la Convention Collective.
Le renouvellement d'une période d'essai doit être impérativement prévu au contrat de travail et accepté par les parties. La poursuite du travail après un renouvellement verbal, ne peut être considérée comme un accord.
La période d'essai d'un contrat à durée déterminée est réglementée ; Article L.122 3 2.
Code du Travail Article L.122-40. Constitue une sanction toute mesure, autre que les observations verbales, prise par l'employeur à la suite d'un agissement considéré par lui comme fautif, que cette mesure soit de nature à affecter immédiatement ou non la présence du salarié dans l'entreprise, sa fonction, sa carrière ou sa rémunération.
Code
du Travail Article L.122-41. Aucune sanction ne peut être
infligée au salarié sans que celui ci soit informé
dans le même temps et par écrit des griefs retenus contre
lui. Lorsque l'employeur envisage de prendre une sanction, il doit
convoquer le salarié en lui indiquant l'objet de la convocation,
sauf si la sanction envisagée est un avertissement ou une sanction
de même nature qui n'a pas d'incidence, immédiate ou
non, sur la présence dans l'entreprise, la fonction, la carrière
ou la rémunération du salarié.
Au
cours de l'entretien préalable, le salarié peut se faire
assister par une personne de son choix appartenant au personnel de
l'entreprise ou par un conseiller inscrit sur la liste préfectorale
et disponible dans la mairie du domicile ou à l'Inspection
du Travail ; l'employeur indique le motif de la sanction envisagée
et recueille les explications du salarié. La sanction ne peut
intervenir moins d'un jour franc, ni plus d'un mois après le
jour fixé pour l'entretien préalable. Elle doit être
motivée et notifiée à l'intéressé.
Lorsque
l'agissement du salarié a rendu indispensable une mesure conservatoire
de mise à pied à effet immédiat, aucune sanction
définitive, relative à cet agissement, ne peut être
prise sans que la procédure prévue ci dessus ait été
observée.
Code du Travail Article L.122-42. Les amendes ou autres sanctions pécuniaires sont interdites. Toute disposition ou stipulation contraire est réputée non écrite.
Code
du Travail Article L.122-44. Aucun fait fautif ne peut donner
lieu à lui seul à l'engagement de poursuites disciplinaires
au delà d'un délai de deux mois à compter du
jour où l'employeur en a eu connaissance, à moins que
ce fait ait donné lieu dans le même délai à
l'exercice de poursuites pénales. Aucune sanction antérieure
de plus de trois ans à l'engagement des poursuites disciplinaires
ne peut être invoquée à l'appui d'une nouvelle
sanction.
...De bonnes preuves valent mieux que de longs
discours.
Le droit disciplinaire
L'employeur
dispose du pouvoir disciplinaire dans l'intérêt de l'entreprise.
I1 doit agir vite, sans précipitation, mais dans les 2 mois
après la faute ! Il peut sanctionner différemment des
salariés qui ont participé à une même faute
à condition de ne pratiquer aucune discrimination.
Toute
sanction autre que l'avertissement doit faire l'objet obligatoirement,
sous peine de nullité, d'une procédure d'entretien préalable.
L'observation verbale n'est pas une sanction. L'Article L.122-40 ci contre en précise les limites.
Les sanctions :
La
lettre d'avertissement
Constitue
bien une sanction mais n'a pas à être précédée
d'un entretien. Elle doit être motivée, précise,
détaillée et se rapporter à un fait clairement
défini. Elle ne peut se contenter de faits vagues, non datés.
La
mise à pied disciplinaire
C'est une sanction interdisant au salarié de travailler pendant
un nombre de jours précisé dans la lettre de mise à
pied ; pendant cette période la rémunération
n'est pas assurée.
La
mise à pied conservatoire
C'est une mesure qui suspend l’exécution du contrat de
travail s'inscrivant dans le cadre de la procédure éventuelle
de licenciement pour faute grave ou lourde. L'appellation doit être
respectée obligatoirement avec rigueur dans le courrier.
La mise en demeure qui n'est pas une sanction consiste à faire exécuter une obligation, par lettre recommandée ou par huissier. En cas d'absence injustifiée du salarié par exemple, ne jamais le considérer comme démissionnaire.
Code du Travail Article L.122-25. L'employeur ne doit pas prendre en considération l'état de grossesse d'une femme pour refuser de l'embaucher, résilier son contrat de travail au cours d'une période d'essai ...
Code Civil Article 1134. Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi.
Code Civil Article 1156. On doit dans les conventions rechercher quelle a été la commune intention des parties contractantes, plutôt que de s'arrêter au sens littéral des termes.
Code
Civil Article 2044. La transaction est un contrat par lequel les
parties terminent une contestation née, ou préviennent
une contestation à naître. Ce contrat doit être
rédigé par écrit.
Extraits de Jugement
: |
Période
d'essai - Décompte (4.02.1993)
La salariée entrée en fonction un 10 Novembre avec période
d'essai d'un mois n'était plus en période d'essai le
jour où elle a reçu sa lettre de rupture pour essai
non concluant le 11 Décembre, l'essai expirant le 9, quand
bien même la lettre ait été expédiée
le 8. Pourvoi rejeté devant la Cour de Cassation.
Rupture
d'un commun accord -Transaction Absence de concession (18.10.1989)
L'accord intervenu entre les parties ne peut constituer une transaction,
dès lors qu'il prévoyait pour le salarié renonciation
à une partie de l'indemnité de préavis et à
la totalité de l'indemnité de licenciement qui lui étaient
contractuellement dues sans aucune contrepartie de la part de l'employeur.
Qu'en l'état la Cour d'Appel a légalement justifié
sa décision. Par ces motifs rejette le pourvoi.
Transaction : Contrat par lequel les parties renoncent en partie à leurs prétentions réciproques.
Un conflit social se règle à l'amiable à la condition de faire des concessions réciproques.
4 - La Résiliation du Contrat de Travail
La résiliation en période d'essai
Une résiliation en cours de période d'essai doit être notifiée à l'intérieur de la dite période. Il faut s'assurer que le salarié en a été effectivement destinataire. Ce n'est pas un licenciement.
La
résiliation ne peut être invoquée que si la période
d'essai a été définie en fonction de la qualification
du salarié, à l'embauche dans le contrat de travail,
ou par la Convention Collective dont dépend l'entreprise.
L'essai non concluant doit être signifié par écrit.
La résiliation amiable et la transaction
La résiliation amiable doit être sans équivoque, écrite et précise. L'article 1134 du Code Civil pose le principe selon lequel la convention fait la loi des parties.
La transaction est un contrat rédigé par écrit, daté et signé une fois le contrat rompu, qui doit traduire un échange de volonté non équivoque des parties en vue de régler à l'amiable un litige né ou à naître.
Démission
Code du Travail Article L.122-5. Dans le cas de résiliation
à l'initiative du salarié, l'existence et la durée
du préavis résultent soit de la loi, soit de la convention
ou accord collectif de travail. En l'absence de dispositions ...
cette
existence et cette durée résultent des usages pratiqués
dans la localité et la profession.
Code du Travail-Article L.122-13. La résiliation d'un contrat de travail à durée indéterminée, à l'initiative du salarié, ouvre droit, si elle est abusive, à dommages intérêts. En cas de litige, le juge se prononce conformément aux dispositions de l'Article L.122 14 3.
Licenciement Code du Travail Article L.122-14-3. En cas de litige, le juge à qui il appartient d'apprécier la procédure suivie et le caractère réel et sérieux des motifs invoqués par l'employeur, forme sa conviction au vu des éléments fournis par les parties et au besoin après toutes mesures d'instruction qu'il estime utiles .... Si un doute subsiste, il profite au salarié.
Extraits de Jugement
: |
Démission
invoquée par l’employeur (12.05.1993)
Attendu que le salarié avait été amené
à rédiger ... dans les bureaux de la direction, une
lettre de démission qui lui a été dictée
par un des dirigeants présents à l’entretien et
sous la menace du dépôt d'une plainte pénale pas
la Société, que cette lettre a été dénoncée
par le salarié quelques jours après, qu'elle n'était
pas l’expression d'une volonté claire et non équivoque.
La Cour de Cassation rejette le pourvoi de la Société
Alsacienne.
Démission
abusive – Détournement de clientèle (22.01.1992)
Attendu que M. Somnier reproche à l'arrêt de l'avoir
condamné à payer à la Société Guichard
une indemnité de préavis et des dommages intérêts
réparant le préjudice subit résultant de ses
manquements à l'obligation de fidélité ; Mais
attendu que la Cour d'Appel a fait ressortir que M. Somnier avait
pris un prétexte pour démissionner et détourner
la clientèle de son employeur, que le moyen n'est pas fondé.
Par ces motifs rejette le pourvoi de M. Somnier.
La rupture par la décision du salarié : La démission
Avec lettre : La lettre de démission du salarié, qui n'est pas obligatoire mais souhaitable, doit comporter la volonté non équivoque de rompre son contrat de travail. Elle doit être datée et signée.
La démission ne peut résulter que d'une manifestation caractérisée de la part du salarié. Par exemple une démission donnée dans un mouvement d'humeur, lors d'incident concernant le travail et contestée le lendemain, peut ne pas être retenue.
Le salarié ne peut être considéré comme démissionnaire du simple fait de son absence injustifiée.
Sans lettre : Nous ne le répéterons jamais assez, l'absence au travail ne suffit pas. Sans lettre explicite de la part du salarié la démission peut être contestée, car la démission ne se présume pas.
Trop de lettres encore se résument à dire, "nous vous considérons comme démissionnaire". En cas d'absence, le salarié doit être mis en demeure de reprendre son travail, faute de quoi il doit être licencié pour faute grave, privative de l'indemnité de préavis et de licenciement, après convocation un entretien préalable et motivation de la lettre de licenciement.
Des dommages intérêts pour préjudice subi, peuvent être demandés devant le Conseil de Prud’hommes en cas de démission abusive à l'initiative du salarié. Également en cas d'inexécution du préavis par le salarié démissionnaire, l'employeur peut prétendre à une indemnité compensatrice.
5
- Avant la rupture du Contrat de travail ...
que faire
Les
risques sont nombreux d'une rupture incomplètement préparée,
en voici quelques exemples :
Extraits de Jugement
: |
Doute
sur la faute commise (Cass. 16.06.1993)
Le
Conseil de Prud'hommes ne pouvait dire fondé sur une cause
réelle et sérieuse le licenciement qui laissait planer
un doute sur le fait imputé au salarié.
Licenciement
abusif Débouté (Conseil de Bobigny confirmé en
Appel 14.02.1996)
Considérant
que la Société MARTEAU produit trois attestations établissant
la réalité des faits.
Considérant
que M. Bandiougou ne peut contester des attestations aussi précises,
ni prétendre, alors qu'il était en France depuis au
moins 10 ans, n'avoir pu proférer des menaces puisque ne parlant
pas le français, que ces menaces constituent une faute d'une
exceptionnelle gravité rendant impossible le maintien de la
relation contractuelle, même pendant la durée limitée
au préavis. Que le jugement prononcé par le Conseil
de Prud'hommes de Bobigny déboutant M. Bandiougou sera confirmé.
Transaction
nulle (Cass. 10.06.1992)
Dès
lors qu'il n'était pas établi que l'employeur se soit
prévalu d'une faute grave lors de la transaction pour verser
à son salarié des indemnités de licenciement,
cette transaction en l'absence de concessions réciproques était
nulle.
Licenciement
ou démission sur document ASSEDIC : (Cass. 21.09.1989)
L'employeur
ayant mentionné dans l'attestation délivrée à
l'ASSEDIC que le salarié avait été licencié,
la Cour d'Appel a pu en déduire que le salarié n'avait
pas démissionné.
Licenciement
Accident du travail (Cass. 15.02.1992)
La
suspension du contrat de travail du salarié victime d'un accident
de travail ne prend fin qu'à la visite de reprise effectuée
par le médecin du travail et non à la date où
la sécurité sociale cesse de prendre en charge l'arrêt
de travail du salarié au titre de l'accident du travail. La
période de protection se prolonge d'un mois.
Questions
à se poser ...
… avant d'entamer la procédure de licenciement
Que faire ?
Licencier
est un droit, mais avant de prendre cette décision, assurez
vous des conséquences en vous posant les 4 questions suivantes
:
1° Est ce la bonne solution ; serai je capable d'en justifier ?
2° Est ce que je connais parfaitement la procédure à respecter, les Articles du Code du Travail concernant ma décision et le coût éventuel de l'opération ?
3° N'y a t il pas d'autres conflits qui pourraient naître ou renaître des suites de ma détermination ?
4° Ai je toutes les preuves matérielles de ce que je décide ?
Si vous répondez non ou si un doute subsiste à l'une de ces 3 questions n'hésitez pas une seconde, entourez-vous d'un Conseil, avant de licencier, sous la forme que vous jugerez utile, Union Patronale, Syndicat professionnel, Conseiller Juridique, Avocat, mais surtout ne partez pas "sans biscuits". Trop de condamnations sont prononcées provenant d'un manque de connaissance et de préparation. Des dizaines, voire des centaines de milliers de francs (170 euros 2004) sont en jeu et ce n'est pas le moment de les risquer.
Au fait, le salarié concerné
ne bénéficie t il pas d'une protection ?
Entretien
préalable Code du Travail-Article L.122-14. L'employeur
qui envisage de licencier un salarié doit, avant toute décision,
convoquer l’intéressé par lettre recommandée
ou par lettre remise en main propre contre décharge en lui
indiquant l'objet de la convocation. En l'absence d'institutions représentatives
du personnel dans l'entreprise, le salarié à la faculté
de se faire assister par un conseiller de son choix et l'entretien
préalable ne peut avoir lieu moins de cinq jours ouvrables
après la présentation au salarié de la lettre
recommandée de convocation ou sa remise en main propre. Au
cours de l'entretien, l'employeur est tenu d'indiquer le ou les motifs
de la décision envisagée et de recueillir les explications
du salarié.
Lors
de cette audition le salarié peut se faire assister par un
conseiller de son choix, appartenant au personnel de l'entreprise.
Lorsqu'il n'y a pas d'institutions représentatives
du personnel dans l’entreprise, le salarié peut
se faire assister par un conseiller de son choix inscrit sur une liste
dressée par le Préfet .... mention doit être faite
de cette faculté dans la lettre de convocation .. qui en outre
précise l'adresse des services où la liste est tenue
à la disposition des salariés.
Code
du Travail-Article R.122-2.1 La lettre de convocation indique
l'objet de l'entretien entre le salarié et l'employeur.
Extraits de Jugement
: |
Convocation
orale délai insuffisant (Cass. 22.02.1990).
Encourt
la cassation l'arrêt déboutant le salarié de sa
demande pour irrégularité de la procédure, alors
qu'il avait été convoqué trois quarts d'heure
avant l'entretien préalable et qu'ainsi il n'avait pas pu se
défendre.
Convocation
par télécopie (C.Ap.Dijon 14.10.1993).
Irrégularité
de procédure et atteinte à la vie privée, le
secret de la correspondance n'ayant pas été respecté.
Absence
de motif (C.Ap.Lyon 16.01.1986).
La
convocation "pour affaire vous concernant" n'a pas été
jugée régulière et a été sanctionnée.
Assistance
à l'entretien (Cass. 20.06.1990).
Lors
de l'entretien, l'employeur ne peut se faire assister que par une
personne appartenant au personnel de l'entreprise.
La lettre de convocation à l'entretien préalable
L'entretien est obligatoire. Cette formalité n'est pas simple, elle comporte plusieurs conditions à exécuter scrupuleusement sous peine de se voir demander une indemnité pour défaut de procédure.
La lettre de convocation (modèle en annexe D page 40) à l'entretien préalable en vue d'un licenciement doit comporter obligatoirement :
1° L'envoi en recommandé A.R. ou avec décharge de remise en main propre.
2° L'objet de la convocation.
3°
La date, l'heure et le lieu de convocation :
a)
avec un délai raisonnable 3 à 4 jours (seulement s'il
y a des institutions représentatives du personnel dans l'entreprise).
b)
avec un délai de 5 jours ouvrables (dans le
cas contraire).
4°
La faculté du salarié de se faire assister
:
a)
par une personne de son choix appartenant à l'entreprise (seulement
s'il y a des institutions représentatives du personnel
dans l'entreprise).
b)
et aussi par un conseiller de son choix, inscrit sur une liste dressée
par le Préfet du Département (dans le cas contraire).
Ne pas oublier de mentionner cette faculté.
Observation : Ces dispositions ne sont pas applicables en cas de licenciement pour motif économique de dix salariés et plus (voir licenciement économique).
L'entretien préalable
L'employeur
peut se faire assister par une personne de l'entreprise. L'absence
du salarié à l'entretien n'est pas une source de nullité,
ni une action fautive de sa part et n'interrompt pas la procédure.
6
- Le Licenciement
Préavis
Code du Travail Article L.122-5. Dans le cas de résiliation
à l'initiative du salarié, l'existence et la durée
du préavis résultent soit de la loi, soit de la convention
ou accord collectif de travail. En l'absence de dispositions ...
cette
existence et cette durée résultent des usages pratiqués
dans la localité et la profession.
Préavis
Code du Travail Article **
L.122-6. Dans le cas de licenciement pour un motif autre qu'une
faute grave, le salarié a droit :
1°
S'il justifie chez le même employeur d'une ancienneté
de services continus inférieure à six mois, à
un préavis comme il est dit à l'Article L.122 5 (ci
dessus).
2°
S'il justifie chez le même employeur d'une ancienneté
de services continus comprise entre six mois et moins de deux ans,
à un préavis d'un mois.
3°
S'il justifie chez le même employeur d'une ancienneté
de services continus d'au moins deux ans, à un préavis
de deux mois ... sauf de convention ou accord collectif de travail
ou d'usage plus favorable pour le travailleur intéressé.
Indemnité de licenciement Code du Travail Article L.122-9. Le salarié lié par contrat à durée indéterminée et qui est licencié alors qu'il compte plus de deux ans d'ancienneté ininterrompue au service du même employeur a droit sauf en cas de faute grave, à une indemnité minimum de licenciement, dont le taux et les modalités de calcul en fonction de la rémunération brute dont il bénéficiait antérieurement à la rupture du contrat de travail sont fixés par voie réglementaire.
Cessation
de l'entreprise Code du Travail-Article L.122-12. La cessation
de l'entreprise, sauf cas de force majeure, ne libère pas l'employeur
de l'obligation de respecter le préavis et de verser, s'il
y a lieu, l'indemnité de licenciement.
S'il survient une modification dans la situation juridique de l'employeur,
notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds,
mise en société, tous les contrats de travail en cours
au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et
le personnel de l'entreprise.
Attention le contrat se poursuit !
Après l'entretien préalable
L'entretien préalable vient de se tenir et la décision va être prise de procéder au licenciement (pour une cause réelle et sérieuse, grave ou lourde). Le temps de la réflexion s'impose (il ne peut être inférieur à 1 jour franc et supérieur à 1 mois). Si un doute subsiste n'hésitez pas à demander conseil auprès de votre Union Patronale, votre Syndicat, votre avocat, etc ...
La complexité du Code du Travail et les interprétations de la jurisprudence sont une source de déboires immérités.
A
titre d'exemple, une lettre de licenciement pour faute grave mal motivée,
condamne l'employeur à verser au salarié fautif, ayant
plus de deux ans d'ancienneté, une indemnité minimum
de 6 mois de salaire pour licenciement sans cause réelle et
sérieuse, un préavis de deux mois, une indemnité
de licenciement, ainsi que le remboursement dans la limite de 6 mois
d'indemnités aux ASSEDIC.
Aussi
vous trouverez dans les pages qui suivent, des extraits du Code du
Travail et de Jugements, des conseils pratiques pour ne pas tomber
dans les traquenards de la procédure.
Ce n'est jamais de gaieté de cœur que l'on se sépare
d'un salarié que l'on a embauché, mais il peut exister
de nombreux motifs de le faire et nous allons les examiner dans les
pages suivantes.
Code du Travail-Article L.122-13. La résiliation d'un contrat de travail à durée indéterminée, à l'initiative du salarié, ouvre droit, s'il elle est abusive, à dommages intérêts. En cas de litige, le juge se prononce conformément aux dispositions de l'Article L.122 14 3.
Code du Travail-Article L.122-14-1. L'employeur qui décide de licencier un salarié doit notifier le licenciement par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, la date de la (1ère) présentation de la lettre recommandée fixe le point de départ du préavis. Cette lettre ne peut être expédiée moins d'un jour franc après la date pour laquelle le salarié a été convoqué. Si le salarié est licencié pour motif économique…
Code du Travail-Article L122-14-2. L'employeur est tenu d'énoncer le ou les motifs du licenciement dans la lettre de licenciement mentionnée au 122-14-1. Lorsque le licenciement est prononcé pour un motif économique ...
Code
du Travail Article L.122-14-3. En cas de litige, le juge …
forme sa conviction au vu des éléments fournis par les
parties et au besoin après toutes mesures d'instructions qu'il
estime utiles… Si un doute subsiste, il profite au salarié.
... En cas de licenciement économique.
Extraits de Jugement
: |
Insuffisance
des motifs Absence de cause réelle et sérieuse (Cass.23.09.1992).
Attendu
que l'employeur n'avait pas énoncé les motifs dans la
lettre de licenciement.
En
allouant au salarié des dommages intérêts pour
licenciement sans cause réelle et sérieuse, la Cour
d'Appel a réparé le préjudice matériel
subi par le salarié, la cause n'ayant pas été
écrite.
Insuffisance
des motifs – Débouté (Conseil de Bobigny confirmé
en Appel 16.01.1997).
Considérant
que les griefs invoqués dans la lettre de licenciement, qui
fixe les limites du litige et s'oppose à ce que l'employeur
s'appuie en cours de procédure sur des motifs non indiqués
dans cette lettre, sont établis par les trois attestations
versées aux débats.
Que
les insultes et menace publiques ainsi proférées à
l'adresse de l'employeur de la part d'un salarié qui exerçait
les responsabilités de Chef d'atelier, ont constitué
à la charge de celui ci une faute grave justifiant son licenciement
immédiat. Qu'en conséquence, c'est avec raison que les
premiers juges ont rejeté toutes les demandes de M. Allard.
Le Conseil de Prud'hommes ne suit pas nécessairement
l'interprétation de la Cour de cassation.
La lettre de licenciement, le point essentiel !
Avant d'aborder le licenciement il convient de rappeler que celui ci ne doit intervenir que s'il est possible de démontrer la nécessité de cette mesure de gestion.
Précautions
à prendre :
La
forme de la lettre de
licenciement va conditionner l'avis du Conseil de prud'hommes.
Il n'y a pas de rattrapage possible !
La
rédaction de cette lettre nécessite de s'y prendre à
deux fois ; des dizaines de milliers de francs sont en jeux.
l° Délai d'envoi.
La lettre de licenciement ne doit pas être envoyée moins d'un jour franc après l'entretien préalable (L.122-14-1). Pour le licenciement économique voir page 33.
2°
Motivation de la lettre.
La
raison du licenciement doit être motivée. Le ou les motifs
du licenciement doivent être énoncés dans cette
lettre.
3°
La nature du motif.
Le
motif disciplinaire, économique ou autre doit être explicité
en termes clairs et précis. Les faits n'ont pas besoin d'être
développés dans le détail.
4°
Les éléments de preuve.
Il
faut avoir à l'esprit que l'on doit pouvoir prouver le motif
invoqué dans la lettre de licenciement. Le mieux c'est de se
poser la question avant plutôt qu'après
!
Code du Travail Article L.122-14-4. Si le licenciement d'un salarié survient sans l'observation de la procédure ... mais pour une cause réelle et sérieuse, le tribunal saisi doit … accorder au salarié, à la charge de l'employeur, une indemnité qui ne peut être supérieure à un mois de salaire. Si ce licenciement survient pour une cause qui n'est pas réelle et sérieuse, le tribunal … octroie au salarié une indemnité … qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois…
Code
du Travail Article L.122-14-5. A l'exception des dispositions
… relatives à l'assistance du salarié par un conseiller,
les dispositions du L.122-14-4 ne sont pas applicables aux salariés
qui ont moins de deux ans d'ancienneté … et aux licenciements
opérés par les employeurs qui occupent habituellement
moins de onze salariés. Ces salariés peuvent prétendre,
en cas de licenciement abusif, à une indemnité calculée
en fonction du préjudice subi.
Extraits de Jugement
: |
Époux
passé à la concurrence Licenciement sans cause réelle
et sérieuse (Cass.25.01.1990).
Ne
reposait pas sur une cause réelle et sérieuse le licenciement
d'une monteuse sur presse au motif que son mari, chef d'atelier, était
passé au service d'une entreprise concurrente, dès lors
que l'employeur ne formulait aucun grief à l'encontre de l'intéressée
qui n'était même pas soupçonnée d'indiscrétions
passées ..... Rejette le pourvoi.
Licenciement
pour faute grave (Départage Conseil de Prud'hommes de Bobigny).
Attendu
qu'il est établi que, refusant d'appliquer les directives données
par l'employeur, Monsieur Grancher se comportait de manière
préjudiciable pour l'entreprise...
Attendu
qu'en égard à la qualification de cadre "chargé
d'affaires" de Monsieur Grancher, des responsabilités
qu'il assumait et de son niveau de rémunération, les
fautes graves commises par lui, qui compromettaient la bonne marche
de l'exploitation, justifient son licenciement sans indemnité.
Faute
grave (C.App.Paris 02.04.1997).
Considérant
qu'il convient de retenir que Monsieur Bruno Massen n'a pas contesté
avoir effectué la réparation incriminée.
Considérant
qu'en omettant d'effectuer un serrage normal des boulons de roue,
il a commis une faute grave alors qu'il était qualifié
dans sa profession.
Considérant
que l'employeur était dès lors fondé à
mettre fin immédiatement à l'exécution du contrat
de travail.
Le licenciement pour faute grave ou lourde
Il
faut avoir en mémoire que c'est à l'employeur de démontrer
la qualification de la faute grave ou lourde. Il convient là
encore de se poser la question, "quels sont les arguments et
les preuves qui m'amènent à prendre cette décision".
Attention
: on ne peut sanctionner par un licenciement une faute qui a déjà
été sanctionnée, sauf réitération.
La
faute grave : l'atteinte du contrat de travail !
Elle
ne permet plus la continuité du contrat de travail.
Quelques
exemples éclaireront le sujet.
Absences
ou retards : Abandon de poste, absence sans autorisation ou en
dépit de l’interdiction de l'employeur, retards répétitifs
avec avertissements. L'absence du salarié, au retour des congés
payés par exemple, ne peut être considérée
comme une démission. L'employeur doit le convoquer en vue de
son licenciement pour faute grave.
Disputes
ou bagarres : Échange de coups, menaces de mort, agressivité
et arrogance envers un chef d'atelier … L'employeur n'est pas
tenu d'appliquer la même sanction envers les querelleurs, dans
l'intérêt de l'entreprise. Indélicatesses ou incorrections
: Ristourne occulte, propos racistes, conduite en état d'ivresse,
abandon à la boisson ... Manquements : Manquement au secret
professionnel, utilisation à des fins personnelles, tentative
de débauchage, fautes professionnelles répétées.
Le
préavis est supprimé !
La
faute grave étant privative de préavis (L.122-6)
celui ci ne doit pas être exécuté, il faut rester
cohérent. Une mise à pied conservatoire peut être
mise en place. L’indemnité de licenciement n’est
pas à régler. (L.112-9 page 22).
La
faute lourde supprime les congés payés. (Art.L.223 14)
Il y a eu intention caractérisée de nuire à l'entreprise.
Exemples : falsification de documents, travail simultané chez
un concurrent, atteinte à la liberté du travail, vol
au préjudice de l'employeur (difficile à prouver), etc...
7
- Le Licenciement économique
Extraits de Jugement
: |
Licenciement
économique – Absence de justificatifs (Cass. 25.02.1992).
Attendu
que la Cour d'Appel après avoir énoncé à
bon droit qu'en cas de recours portant sur un licenciement pour motif
économique, l'employeur doit communiquer au juge tous les éléments,
a relevé qu'aucune justification de difficultés économiques,
ni aucune indication sur la restructuration invoquée n'avait
été apportée, qu'elle a ainsi légalement
justifié sa décision … Rejette le pourvoi.
Licenciement
économique (Conseil de Prud’hommes de Bobigny 02.04.1996).
Attendu
qu'en ce qui concerne l'ordre des licenciements pour motif économique,
les recommandations de l’article L.321-1-1 du Code du Travail,
qui mettent l'accent sur les caractéristiques sociales des
salariés, n'ont qu'un caractère indicatif, qu'elles
n'excluent pas la prise en considération d'autres critères,
et autorisent même l'employeur à privilégier les
aptitudes professionnelles….
Attendu qu'en l'espèce, mis dans l'obligation d'opérer un choix, l'employeur pouvait se déterminer en fonction de l'appréciation souveraine des qualités du dynamisme et d'adaptation des salariés en concurrence…
Qu'il est le seul juge de la valeur sur le plan de travail de ses salariés, que la Formation de Départage ne saurait se substituer à lui, que la demande de Madame K. ne peut donc être accueillie…
Licenciement
économique Garantie d'emploi (Cass.07.1 1. I 990).
Encourt
la cassation l'arrêt de la Cour d'Appel de Nîmes ayant
débouté M. Tranchant de sa demande en dommages intérêts
pour rupture abusive, alors que l'employeur est tenu de réparer
le dommage causé au salarié du fait du licenciement
économique prononcé en violation de la clause insérée
dans son contrat de travail, selon laquelle l'employeur s'engageait
à garantir l'emploi jusqu'à sa retraite, sauf cas de
force majeure.
Le licenciement pour raison économique doit être motivé !
La procédure s'impose aussi
Elle doit être appliquée avec soin. Elle a été précédée d'une procédure de concertation avec les représentants du personnel, au risque d'être condamné pour défaut de procédure, voire pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec les conséquences financières qui en suivent.
La conjoncture difficile, les retards ou reports de paiement, les impayés, les mouvements sociaux, la nécessité de restructurer périodiquement l'entreprise, de modifier l'activité, autant de difficultés qui engendrent des licenciements économiques.
La nécessité d'adapter l'effectif de l'entreprise à son activité s'impose sous peine de disparaître. L'absence de souplesse est une des causes des nombreuses fermetures d'entreprises et du chômage qui en résulte, n'ayons pas peur de le dire.
Plusieurs
raisons, évidentes pour le chef d'entreprise, mais pas pour
le juge, peuvent se présenter :
-
Les difficultés économiques, qui obligent à réduire
les effectifs.
-
La révision des compétences suite aux évolutions
techniques.
- La
restructuration ou la modification des postes de travail.
Evitons de tomber dans les traquenards de la procédure en la maîtrisant au mieux, par la prévention.
Code du Travail Article L.321-1. Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d’emploi ou d’une modification substantielle du contrat de travail, consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques…
Code
du Travail Article *** L.122-14-1. L'employeur
qui décide de licencier un salarié doit notifier le
licenciement par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception, la date de présentation de la lettre recommandée
fixe le point de départ du préavis.
Cette
lettre ne peut être expédiée moins d'un jour franc
après la date de l'entretien préalable.
Si
le salarié est licencié individuellement pour motif
économique ... ou collectivement de moins de dix salariés
dans une période de trente jours, la lettre ne peut lui être
adressée moins de 7 jours à compter de la date pour
laquelle le salarié a été convoqué. Ce
délai est de 15 jours en cas de licenciement en cas d'un membre
du personnel d'encadrement... En l'absence d'institutions représentatives
du personnel ... les délais sont respectivement de 4 jours
et de 12 jours ....
Code du Travail Article L.122-14-2. ... lorsque le licenciement est prononcé pour un motif économique, la lettre de licenciement doit énoncer les motifs économiques ou de changements technologiques invoqués par l'employeur qui est tenu, à la demande écrite du salarié, de lui indiquer par écrit les critères retenus. (L.321-1-1) ... mention doit être faite dans la lettre de licenciement de la priorité de réembauchage (L.321-14).
Code
du Travail Article L.122-14-3. En cas de litige, le juge ... forme
sa conviction au vu des éléments fournis par les parties
et au besoin après toutes mesures d'instructions qu'il estime
utiles ...
En
cas de licenciement économique l'employeur doit communiquer
au juge tous les éléments qu'il a fournis aux représentants
du personnel en application des articles L.321-2 et L.321-4 ou, à
défaut de représentants du personnel dans l'entreprise,
tous les éléments qu'il a fournis à l'autorité
administrative compétente en application de l'article L.321-7
du présent code.
Si un doute subsiste, il profite au salarié.
Le licenciement pour raison économique
Il
donne lieu souvent à saisine du Conseil de Prud'hommes par
le salarié qui s'estime licencié à tort, en contestant
le motif ou l'ordre des licenciements. Il est vivement recommandé
de s'entourer d'un Conseil du droit du travail, pour mettre en place
cette procédure complexe, qui varie suivant le nombre de salariés
licenciés et le nombre de salariés dans l'entreprise.
(articles L.321-1 à L.321-15). L'employeur doit s'efforcer
de reclasser son personnel, le juge lui demandera de justifier ses
recherches.
I. Avant l'entretien préalable.
Modification
substantielle du contrat de travail :
Il
faut informer chaque salarié par lettre recommandée
avec A.R, en lui précisant qu'il dispose d'un mois pour faire
connaître son refus. A défaut de réponse dans
le délai d'un mois le salarié est réputé
avoir accepté la modification proposée. Si
plusieurs salariés refusent cette modification, les licenciements
sont soumis aux dispositions du licenciement collectif pour motif
économique.
Obligations
:
1°
Nombre de licenciements inférieurs à 10 dans une période
de30 jours.
a)
Réunir et consulter le C.E. ou les délégués
du personnel. (L.422-1 1er alinéa ou L.432 12èrne alinéa).
b)
Informer la Direction Départementale du Travail du ou des licenciements.
2°
Nombre de licenciements au moins égal à 10 dans la même
période.
a)
Réunir et consulter le C.E. ou les délégués
du personnel. (L.321-3).
b)
Notifier à l'autorité administrative les licenciements.
(L.321-7).
3°
Licenciement dans le cadre d'une procédure judiciaire.
Respecter
les dispositions prévues aux Articles (L.321-8 et L.321-9).
II. L'entretien préalable. page 21 et Annexe D page 40.
1°
La convocation du salarié se fait par lettre recommandée
à son domicile ou remise en main propre contre décharge.
(L.122-14).
2°
L'entretien préalable doit permettre avec le ou les salariés
concernés la recherche de solutions de reclassement.
3°
Au cours de cet entretien il sera proposé la convention de
conversion qui est une mesure obligatoire pour les salariés
qui ont plus de 2 ans d'ancienneté moins de 56 ans et 2 mois
et physiquement apte à l'emploi.
Code du Travail Article L.321-5. Quel que soient l’effectif de l'entreprise ... l'employeur qui envisage de prononcer un licenciement économique doit dégager ... les moyens permettant la mise en oeuvre des conventions mentionnées à l'article L.322-3. ...
Code du Travail Article L.322-3. Les conventions de conversion ont pour objet d'offrir aux intéressés le bénéfice des allocations prévues à l'article L.353-1 et d'actions personnalisées destinées à favoriser leur reclassement ....
Code
du Travail Article L.321-6 alinéa 3. Le contrat de travail
d'un salarié ayant accepté de bénéficier
d'une convention de conversion ... et proposée à l'initiative
de l'employeur est rompu du fait du commun accord des parties. Cette
rupture prend effet à l’expiration du délai de
réponse de 21 jours dont dispose le salarié, sauf si
l'employeur et le salarié conviennent de poursuivre le contrat
de travail pour une durée maximale de deux mois à compter
de cette date. Ce délai de réponse débute à
compter de la proposition de la convention de conversion au salarié
.... Cette rupture du contrat de travail ne comporte pas de préavis
... mais ouvre droit au versement d'une indemnité ... de licenciement
et calculée sur la base de l'ancienneté que l'intéressé
aurait acquise s'il avait accompli son préavis .... La complexité
de l'intégralité de ce texte laisse perplexe !
Extraits de Jugement
: |
Licenciement
économique Absence de convention de conversion (Cass.25.05.
l 993 ).
Il
appartient à l'employeur de proposer, par tous moyens, au salarié
visé par un licenciement pour motif économique le bénéfice
d'une convention de conversion, peu importe qu'il ne se soit pas présenté
à l'entretien préalable auquel il n'est d'ailleurs pas
tenu de se rendre. Donne droit à une indemnité.
Licenciement
économique Absence de reclassement (Cass.23.09.1992).
Attendu
que la Société fait grief à l'arrêt de
la Cour d'Angers d'avoir décidé que le licenciement
de Mme Flore était intervenu sans motif réel et sérieux,
alors que l'acceptation d'une convention de conversion rompt d'un
commun accord le contrat de travail ; … que l'employeur a le
devoir d'assurer l'adaptation des salariés à l'évolution
de leurs emplois, que la Société avait engagé
deux mois après le départ de Mme Flore une salariée
qui s'était vu confier en plus du travail de Mme Flore la préparation
des dossiers de financement. Attendu que la Cour d'Appel a fait ressortir
que l’employeur avait la possibilité de reclasser Mme
Flore dans cet emploi compatible avec ses capacités, qu'elle
a pu décider ainsi que le licenciement ne reposait pas sur
un motif économique … Rejette le pourvoi.
III.
Avant le licenciement le délai de réflexion.
L'entreprise
devra pouvoir faire la preuve écrite en cas de contestation
:
1)
Que les difficultés économiques sont réelles.
2)
Qu'elle a tout mis en oeuvre pour éviter le licenciement.
3)
Que les possibilités de reclassement ont été
faites ou recherchées.
4)
Que les critères du choix du salarié ont été
respectés.
La
convention de conversion
A
l’initiative obligatoire de l’employeur, elle est proposée
lors de l’entretien préalable au salarié qui a
plus de deux ans d’ancienneté. Il dispose d’un
délai de 21 jours pour donner sa réponse.
1°
Réponse positive.
Le
contrat de travail est rompu du commun accord des parties et la convention
est signée. Il n'y a pas de préavis en dessous de deux
mois, ni à effectuer, ni à payer au salarié.
Le calcul de l'indemnité de licenciement doit inclure la durée
d'un préavis théorique. Il n'y a pas de lettre motivée
de licenciement, la rupture se faisant d'un commun accord. Attention
: l'employeur n'est néanmoins pas à l’abri d'un
contentieux.
2°
Réponse négative ou absence de réponse.
La
convention n'est pas signée et le licenciement économique
doit être signifié. Le préavis est à faire
exécuter et à payer.
IV La lettre de licenciement. Voir en Annexe
E page 41.
La
cause économique doit être expliquée : pourquoi
l'emploi a été supprimé.
1° La lettre de licenciement doit obligatoirement être motivée. Le fait d'écrire "pour difficultés économiques, pour suppression de poste", n'est pas suffisant et est susceptible de rendre le licenciement sans cause réelle et sérieuse ; il faut donc expliquer le pourquoi, par exemple, baisse importante des commandes entraînant des difficultés…, la suppression du poste de…, la restructuration de l'entreprise et la suppression du service de…
2°
Elle doit comporter la priorité de réembauchage. (L321-14)
En
conclusion trop d'entreprises sont condamnées, alors que de
réelles et sérieuses difficultés économiques
les assaillent.
8
- Le licenciement pour inaptitude
Code
du Travail Article L.122-244. A l'issue des périodes de
suspension du contrat de travail consécutives à une
maladie ou un accident, si le salarié est déclaré
par le médecin du travail inapte à reprendre l'emploi
qu'il occupait précédemment, l'employeur est tenu de
lui proposer un autre emploi approprié à ses capacités…
Si
le salarié n'est pas reclassé dans l'entreprise à
l'issue d'un délai d'un mois à compter de la date de
l'examen médical de reprise du travail ou s'il n'est pas licencié,
l'employeur est tenu de verser à l'intéressé,
dès l'expiration de ce délai, le salaire correspondant
à l'emploi que celui ci occupait avant la suspension de son
contrat de travail…
Les
dispositions prévues à l'alinéa précédent
s'appliquent également en cas d'inaptitude à tout emploi
dans l'entreprise constatée par le médecin du travail.
Code
du Travail Article L.122-32-5. Si le salarié est déclaré
par le médecin du travail inapte à reprendre, à
l'issue des périodes de suspension, l'emploi qu'il occupait
précédemment, l'employeur est tenu de lui proposer,
compte tenu des conclusions écrites du médecin du travail
et des indications qu'il formule sur l'aptitude du salarié
à exercer l'une des tâches existante dans l'entreprise
et après avis des délégués du personnel,
un autre emploi approprié à ses capacités et
aussi comparable que possible à l'emploi précédemment
occupé, au besoin par la mise en oeuvre de mesures telles que
mutations, transformations de postes ou aménagement du temps
de travail…
S'il
ne peut proposer un autre emploi, l'employeur est tenu de faire connaître
par écrit les motifs qui s'opposent au reclassement.
Les
transformations de postes peuvent donner lieu à attribution
d'une aide financière de l’Etat dans les conditions fixées
au dernier alinéa de l'article L.323-9.
L'employeur
ne peut prononcer le licenciement que s'il justifie soit de l'impossibilité
où il se trouve de proposer un emploi dans les conditions prévues
ci dessus, soit du refus par le salarié de l'emploi proposé
dans ces conditions. (#)
S'il prononce le licenciement, l'employeur doit respecter les procédures
prévues … en cas de résiliation du contrat de
travail à l'initiative de l'employeur.
Code du Travail-Article L.122-32-6. La rupture du contrat de travail dans le cas prévu à l’alinéa ci-dessus (#) ouvre droit, pour le salarié, à une indemnité compensatrice… de préavis, ainsi qu’à une indemnité spéciale de licenciement qui sauf dispositions… est égale au double de l’indemnité normale. (L.122-9).
Le
Licenciement pour autres motifs
Obligations
Le
Code du travail doit là encore être scrupuleusement suivi,
les risques étant grands et la procédure complexe et
exigeante.
A
titre d'exemple ce n'est pas parce que l'inaptitude du salarié
provient d'un mauvais coup, lors d'un match de foot le dimanche, que
l'entreprise sera exonérée des conséquences.
Le
médecin du travail est le maître d’œuvre de
l'inaptitude.
Sa
décision et la date de celle ci conditionnent les suites à
donner.
Comme
l'écrit le Code du Travail, «l'employeur doit»,
«l'employeur est tenu», aussi si un doute subsiste, prenez
conseil.
Ainsi l'employeur est tenu : (L122-24-4)
1°
de proposer au salarié un autre emploi approprié à
ses capacités, compte tenu des conclusions écrites du
médecin du
travail.
2°
de faire connaître au salarié victime d'un accident du
travail par écrit les motifs qui s'opposent au reclassement,
s'il ne peut proposer un autre emploi.
3°
de justifier qu'il est dans l'impossibilité, où il se
trouve, de proposer un emploi compatible.
4°
de verser sinon le salaire après le mois de recherche de reclassement.
Attention : des règles plus strictes limitent certains licenciements (accident du travail, grossesse, maternité).
Inaptitude
A.T. Code du Travail Article L.122-32-7. Lorsqu'un licenciement
est prononcé en méconnaissance des dispositions de l'article
L.122-32-4 ou des premier et quatrième alinéas de l'article
L.122-32-5, le tribunal saisi peut proposer la réintégration
du salarié dans l'entreprise, avec maintien de ses avantages
acquis, en cas de refus par l'une ou l'autre des parties, le tribunal
octroie au salarié une indemnité. Cette indemnité,
qui ne peut être inférieure à douze mois de salaire,
est due sans préjudice de l'indemnité compensatrice
et le cas échéant de l'indemnité spéciale
de licenciement prévues à l'article L.122 32 6.
Lorsque
le licenciement est prononcé en méconnaissance des dispositions
du cinquième alinéa de l’article L.122-32-5, il
est fait application des dispositions prévues par l'article
L.122 14 4 pour le cas de non observation de la procédure requise.
Extraits de Jugement
: |
Inaptitude
– Licenciement (Conseil de Bobigny confirmé en Appel
7.03.1996).
Considérant
sur le fond que, selon M. Kary, la sanction est injustifiée
par ce que son poste de travail n’était pas adapté
à son handicap physique provoqué par plusieurs opérations,
que le médecin du travail et la C.H.S.C.T. ont été
alertés sans résultat.
Considérant
qu’il ressort des pièces de la procédure, que
M. Kary a fait l’objet d’une mise à pied de trois
jours motivée par les défauts, en qualité et
quantité, de sa production, et les défectuosités
de son travail, que la Société CITROEN soutient sans
être démentie que le poste de M. Kary avait été
aménagé en fonction de cet avis médical, et qu’il
était déchargé de l’opération manuelle
incompatible avec son handicap, en l’occurrence le montage de
boîtes de vitesses.
Que
des rapports d’incident qui ont abouti à la sanction
il résulte que les manquements reprochés à M.
Kary sont relatifs aux opérations pour lesquelles il a été
reconnu apte.
Qu’il
s’ensuit que ces fautes, dont la matérialité n’est
pas contestée, et qui sont sans rapport avec un handicap physique,
sont donc pleinement imputables au salarié, et que la demande
l’annulation est donc injustifiée.
Qu’il
y a donc lieu de confirmer le jugement.
Inaptitude
– Pas de reclassement –Licenciement (Cass. 08.07.1992).
Attendu
que pour débouter M. Capasso de ses demandes, la Cour d’Appel
retient que ne s’agissant pas d’un accident du travail
l’employeur n’avait pas d’obligation de reclassement…
Attendu
qu’en statuant ainsi, alors que l’employeur avait l’obligation
de prendre en considération la recommandation du médecin
du travail proposant un changement de poste pour le salarié,
la Cour d’Appel a violé le texte susvisé.
Par
ces motifs casse et annule…
Edition 1999